sous les toiles 2010

sous les toiles 2010

Histoire du quartier

Situé au sud de Toulouse, le quartier d’Empalot est délimité au Nord par le boulevard des Récollets, à l’Ouest par la Garonne et au Sud par la rocade.

 

            Il tient son nom de Jean Palot, propriétaire d’un terrain cédé au chapitre de  Saint Etienne en 1443.

 

Le quartier Saint Roch, dernier balcon toulousain, donnant sur le lit de Garonne, avait à l’époque une bien piètre réputation. Les bourbiers (dus à la terre qu’on enlevait pour faire des tuiles), le mauvais écoulement des eaux ainsi que les débordements de la Garonne dont le lit changea plusieurs fois de place, en étaient la cause. Un contexte idéal pour le développement des bactéries et des maladies, la fièvre y a d’ailleurs fait de nombreux défunts.   

 

            Lieu insalubre, mais néanmoins un des plus anciens site de Toulouse, Empalot était à l’origine, un cimetière, un champs bourbeux et même, du côté de Daste, un « pailhas », où l’on jetait ses ordures. Une belle collection de lieux d’exclusion !

 

            En 1929, les premières habitations bon marché furent construites à Saint Roch, puis quatre années plus tard, en 1932, au Calvaire. L’appartenance de ces lieux au territoire d’Empalot a fait débat ! Qu’importe ! Concentrons nous sur leur Histoire et celle du quartier...

 

            En 1939 le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU) a fait une déclaration d’utilité publique sur les terrains d’Empalot, qui jusqu’alors s’appelait Le Champ du Loup. Le Champ de Loup était le terrain situé le long de la Garonne, occupé par une population qui s’est installée bien que les terrains étaient souvent inondés.

Comme le quartier a été bombardé en 1944, on projette l’édification d’immeubles.

 

            En 1946, Raymond Chini a été désigné architecte en chef de la reconstruction et l’année suivante, il a construit deux Immeubles Sans Affectation Immédiate , marquant donc le début de la reconstruction du quartier.

 En 1951 Chini et son équipe présentent une proposition d’un plan masse de construction pour tout le quartier. Selon son plan masse, le quartier est divisé en trois parties : La Cité André Daste, La Poudrerie, et Empalot-Centre. Approuvé par le Ministère de la Reconstruction, le plan masse commence par la construction de la Cité André Daste.

 

            Entre 1953 et 1955 les quatre immeubles autour la Place André Daste et les huit immeubles au bord de la Garonne sont construits ; c’est à ce moment-là que le travail sur la Cité Daste est terminé.

A noter qu’une tour de 30 étages, regroupant les services administratifs et le centre commercial était prévue dans le plan masse. Ce projet n'a finalement pas vu le jour car Chini fut débarqué en 1955. La Cité André Daste est liée au reste du quartier par Le Mail.

 Le Mail est un mot Occitan qui veut dire « passage ombragé ». Dans son projet, Chini a envisagé un mail qui lierait les deux centres commerciaux du quartier où les habitants pourraient se balader. Aujourd’hui il y a seulement un centre commercial, l’autre a été transformé en école, l'Ecole André Daste. Le Mail a depuis changé de nom. Renommé « esplanade Pierre Guarrigues », en novembre 2010, elle rend hommage a un élu local de proximité,  au service de tous ses administrés. Conseiller général du canton 10 de 1976 à 2001, il était un véritable exemple, et connaissait les moindres recoins de ses territoires.

 

            Empalot Poudrerie, construite de 1955 à 1958, tient son nom des anciens lieux de fabrication de la poudre d’explosif et du fait que ce secteur abritait les ouvriers qui y travaillaient. Depuis le 17e siècle, il existait une poudrerie à Toulouse. Originalement placée sur l’Ile de Tunis en face du Centre Ville, La Poudrerie a enduré une série d’éloignements à la suite de plusieurs explosions qui ont causé l’endommagement de centre ville et plusieurs morts. En 1847, d’après une négociation « avec les actionnaires du Moulin du Château pour l’échange d’un terrain plus éloigné de la ville, dans le Ramier d‘Empalot; la construction fut commencée en 1852 ».

 

            Empalot Centre, la troisième et dernière étape de la construction du grand ensemble, a entièrement été réalisé selon le plan masse de Louis de Höym de Mariem. Construit entre 1958 et 1966, ce groupe de bâtiments est connu par les habitants comme « les grandes barres » pour leur organisation qui crée une perspective impressionnante. L’Ensemble Jean-Moulin, construit en 1974, marque la fin du projet du grand ensemble d’Empalot. Dans les années quatre-vingts la plupart des bâtiments d’Empalot Centre ont été rénovés.

En plus des bâtiments consacrés au logement, des bureaux administratifs, des équipements sportifs, une bibliothèque, une crèche et une mosquée constituent Empalot Centre. L’explosion d’AZF en 2001 a gravement endommagé la plupart de ces bâtiments et par la suite, a lancé une série de reconstructions.

 

            Empalot est en pleine réhabilitation et s'inscrit dans le Grand Projet Ville (GPV) ainsi que dans les autres dispositifs de la politique de la ville (ZUS, ZEP, DSU...), suite à la catastrophe d’AZF en septembre 2001. Aujourd’hui, Empalot, étendu sur 60 hectares, accueille 5685 habitants (recensement 2006), dont 35% ont moins de 24 ans, et 2664 résidences principales (INSEE 2006) dont 86% de logements sociaux essentiellement gérés par l’Office Public de l’Habitat (Habitat Toulouse). 

Présentation de KARAVAN

Fondée le 7 novembre 2001, et née des activités culturelles de l’association Vivre Ensemble, Karavan s’est d’abord fait connaître par l’organisation et la gestion du festival « Les Rendez Vous du 38 ».

 

            Située dans le quartier d’Empalot à Toulouse, elle a, dés le départ, mis au coeur de ses préoccupations des actions culturelles de proximité vecteur de lien et d’échange intergénérationnel, interethnique et interculturel.

 

            L'objectif général de toutes ces activités culturelles est de créer des cadres de rencontres et d'échanges avec les habitants, d'accès à la culture pour tous, de prise de conscience du véritable rôle positif du citoyen dans son environnement, d'incitation à la participation à la vie associative et civique contre les réflexes du communautarisme négatif, contre l'isolement et les discriminations, de renforcement du lien social, d'encouragement à l'ouverture et à la tolérance et d'amélioration de l'image du quartier.

Ce sont aussi des occasions d'information et de réflexion sur les droits et devoirs du citoyen, principalement à l'adresse des femmes et des jeunes pour les encourager à prendre part dans l'amélioration des conditions de vie individuelle et collective, et le respect des valeurs républicaines dans la société mais aussi à l’échelle de leur ville et de leur quartier...

 

            Agir dans un quartier d’habitat social comme Empalot, en optant pour l’action culturelle, est donc le volet primordial de la démarche de KARAVAN. Ces objectifs se centrent donc autour de :

 

  • L’accès à la culture et à l’information pour tous
  • L’incitation à l’expression, à la création et à la promotion des talents
  • La lutte contre les discriminations
  • L’organisation d’événements culturels et festifs et la participation         aux débats, aux échanges et à l’éducation pour une meilleure cohésion sociale

 

            Cet engagement se traduit par la mise en oeuvre d’actions concrètes, hebdomadaires, mensuelles ou annuelles, et la participation à des actions ponctuelles et/ou partenariales.

 

Nos principales actions sont :

 

  • Les coursives d’Empalot : Suite à l’explosion de l’usine AZF, au sud de Toulouse, KARAVAN, nouvellement crée pour développer des actions culturelles sur le quartier, a lancé un journal de quartier : Les Coursives d’Empalot. Le premier numéro est paru en décembre 2001. C’est un outil interactif de communication et d’information de proximité à destination des habitants du quartier, de ceux qui y travaillent ou des gens de passage. Sa réalisation se base sur la réalité et le quotidien du quartier.

 

  • Sous les Toiles : Chaque année, Karavan organise des projections gratuites de films, sur un écran géant en plein air, sur le terrain Daste, à Empalot. Ce festival permet d’offrir aux habitants la possibilité de se rassembler, de participer à la re-dynamisation et à l'occupation pacifique et positive de l'espace public, de la rue, de leur proche environnement. C’est une occasion pour lutter contre l'isolement, l'individualisme, et construire collectivement des souvenirs agréables dans le quartier.

 

  • Le Marché de la solidarité : Mise en place d’un marché associatif composé de stands variés (produits du terroir, produits artisanaux...) et d’animation pour tous (spectacle, jeux pour enfants...) sur la place commerciale d’Empalot au mois de décembre.

 

  • Pour l’égalité des droits et la citoyenneté : Dans le cadre de son action de lutte contre les discrimination, KARAVAN propose plusieurs rendez vous pour débattre, réfléchir, échanger et se questionner.

 

  • Le ciné-club de la diversité : programmation de films cinématographiques (fictions et documentaires), en français ou sous-titrés, produits dans des pays du Maghreb, d’Afrique et d’Asie. Ils sont projetés en présence des réalisateurs, des acteurs ou des spécialistes venus de ces pays. Ces films et documentaires créés dans les pays du Sud, rarement diffusés en France, sont pourtant des outils d'éveil, de conscientisation et de réflexion sur des sujets modernes.

 

  • Stand Vie de Quartier : Chaque mercredi sur le marché d’empalot, un stand est mis en place en partenariat avec le Centre Social. Le but étant à la fois de se rapprocher des habitants du quartier, de les informer sur les projets et les activités d’animation socio culturelles proposées par les partenaires ; mais aussi de sensibiliser sur les questions de vivre ensemble au travers des valeurs de la République (laïcité, citoyenneté, droits et devoirs….) Cette action est soutenue par la Préfecture et la Mairie de Toulouse et en partenariat avec les associations du territoire.