Le CoursivesBlog

Alors que les Français sont appelés à limiter leurs déplacements et respecter le confinement, l’information face à l’épidémie de Covid-19 est plus que jamais nécessaire notamment dans un quartier populaire comme Empalot. Mais la question cruciale est aussi de savoir comment les journalistes peuvent continuer à travailler, et informer, dans cette situation inédite. Que ce soit dans la presse papier, la radio ou la télévision, la décision a rapidement été prise de développer voire généraliser au maximum le télétravail. Et les "Coursives d'Empalot" font de même... pour vous et avec ses lecteurs... premiers au contact..

Les Psy qui trainent !

Publié le 09/04/2020

Solitude, ennui, inquiétude, stress, épuisement, anxiété… Chez chacun d’entre nous, le confinement a des répercussions psychologiques, et elle est plus ou moins lourdes. 


Symptômes de stress post-traumatique, d'anxiété, de dépression, d'irritabilité, de confusion, de peurs, de colère, d'abus de médicaments ou de drogues, d'insomnies, de stigmatisations. Ce sont là les principaux méfaits potentiels d'une mise en confinement, mais qu'il est possible de surpasser en étant accompagné. C’est notamment ce que révèle une méta-analyse (en anglais) « l’impact psychologique de la quarantaine et comment la réduire : examen rapide des preuves » effectuée par Samantha Brooks et son équipe de chercheurs de l’Institut de psychiatrie, psychologie et neurosciences du King’s College de Londres (Royaume-Uni), publiée dans The Lancet, le 26 février dernier. 24 études ont ainsi été analysées, menées dans 10 pays, qui intégraient des personnes atteintes du SRAS, d’Ebola, de la grippe H1N1, du syndrome respiratoire du Moyen-Orient et de la grippe équine.  Ces résultats sont confortés par une étude (en anglais)menée durant le confinement chinois de Wuhan. Réalisée entre le 30 janvier et le 3 février 2020 par la faculté de psychologie et de santé mentale de la Naval Medical University de Shanghai auprès de 2 091 Chinois, indiquant la prévalence d’un stress post-traumatique dans la population étudiée établi à 4,6 %, un mois après le début de l’épidémie. Elle atteignait 18,4 % pour la population composée de patients suspectés ou de personnes en contact avec les malades. En France, à l’annonce des mesures de confinement, le 16 mars dernier, plusieurs études ont également été lancées afin d’en analyser les effets psychologiques. 


Dans le contexte actuel, les gens sont  donc stressés dès qu’ils ressentent des symptômes physiques, la peur d’être contaminé mais de ne pas le savoir, d’être asymptomatique. L’ennui se fait ressentir, la frustration augmente, la solitude, l’isolement... Certains sont également très perturbés par le flux d’informations qui circulent, certains ne comprennent pas vraiment quel est l’objectif du confinement, tandis que d’autres souffrent de peu de transparence d’informations, de l’absence de protocole et de guides de conduite claires. Sans compter l’augmentation significative des violences intrafamiliales poussant les autorités à communiquer et créer des dispositifs de crises: Fiche technique femmes victimes de violences


Pour faire face à ces sources d’angoisse et de dépression, les experts proposent divers solutions. Parmi elles, la mise en place de numéros verts pour réduire l’isolement, de créer des groupes de paroles et de soutien en ligne sur le vécu d’expérience ou encore aider les familles à rester en contact. Les chercheurs suggèrent également aux autorités de communiquer régulièrement et en toute transparence, de proposer des activités et assurer l'approvisionnement des denrées alimentaires de base et commencer à parler clairement de “l’après”. Les chercheurs insistent pour que soit renforcé le sentiment d'altruisme, que chaque individu devrait ressentir en participant à sauver des vies notamment en restant chez soi. Tandis qu'une attention particulière doit être apportée au personnel médical, et également aux personnes qui poursuivent les activités essentielles au bon fonctionnement du pays.


Si l’expérience du confinement est vécue comme un cauchemar, les conséquences affecteront non seulement les individus à long terme mais aussi les systèmes de santé et les politiques publiques, mettent en garde les chercheurs. En effet, le stress ne s’arrête pas une fois les populations “déconfinées”, ont-ils pu constater. Après une crise de ce genre, il faudra faire face aux conséquences des différent traumatismes qui perdureront après la crise. Des traumas mentaux mais également socio-économiques. De nombreuses personnes commencent à se retrouver prises à la gorge financièrement. Les travailleurs indépendants sont fragilisés et les individus qui étaient déjà dans une situation précaire avant le confinement le seront un peu plus après. D’autres auront du mal à reprendre le travail après un chômage partiel de peur de la contamination.


Pour faire face “à cette souffrance psychique des enfants et des familles dans cette situation de catastrophe sanitaire”, des pédopsychiatres, psychologues et orthophonistes se sont mobilisés. Au CHU Toulouse (USPS et PASS, c’est ouvert en urgence une consultation psychologique et psychiatrique de dispensaire, sans rendez-vous, destinée tant aux « publics précaires », quelles que soient les situations et quels qu’en soient les déterminants, qu’aux aidants, accueillants et accompagnants quels qu’ils soient  avec une ligne téléphonique à privilégier : 05 61 77 80 44, sinon un lieu : Hôpital La Grave, Cité de la Santé, service de la PASS Psy. Du lundi au vendredi de 9h à 11h. Attention ce dispositif est une action transitoire pour la période de crise sanitaire.


Empalot

Compte tenu de la situation sanitaire liée au COVID 19 et afin de prévenir le mal-être lié à l’isolement, des associations regroupants des spécialistes comme des psychologues ont décidé de se mobiliser et ont mis en place des “Numéros Vert”, des sites internet, proposant un accompagnement psychologique par téléphone et en urgence. Ces lignes téléphonique s s’adressent aux personnes ayant besoin d’une écoute et d’un soutien psychologique pour déposer leurs inquiétudes et angoisses, pouvant être accrues par la situation actuelle.

C’est le cas de “Palabre”, une association  créée par, Marion Bezombes et Sophie Mothiron, qui propose habituellement un espace transitionnel thérapeutique, une «passerelle» facilitant l’intégration, un lieu de contenance des difficultés pour les populations issues de l’immigration. C’est dans une atmosphère cosy et conviviale que l’association propose habituellement des consultations en temps normal avec un groupe de professionnels formés à l’interculturel composé de psychologues, d’interprètes, de formateurs, ainsi que des stagiaires et des bénévoles (sage femme anthropologue...). Mais en ces temps de confinements l’association propose un accompagnement téléphonique au 07 68 27 03 87. (Entretien avec Sophie Mothiron, psychologue à l'association Palabre, en fin d'article).


Une autre association d’Empalot, l’ASEER, fait également des consultations téléphoniques avec une  psychologue renseignements auprès d’Anaïs par mail: @:aseer.toulouse.erm@gmail.com

 

En général

L’association “Terra Psy - Psychologues sans frontières” qui a ouvert son centre de consultation en octobre 2015. L'association est née de l’identification des besoins de soutien psychologique des populations migrantes, réfugiées, déplacées, issues de l’immigration ou victimes de violences traumatiques ou basées sur le genre. Aujourd'hui l'association s'inscrit dans des actions plus générales et accueille un public en situation de vulnérabilité et en souffrance psychosociale. Les psychologues sont disponibles de 9h00 à 12h30, et de 13h30 à 17h00 du lundi au vendredi. Les consultations sont gratuites et sont proposées en français, anglais et arabe, au 0 805 383 922.

www.terrapsy.org


Cogito’Z est un centre de psychologie au présent pour tous. Créé en 2003 par Jeanne Siaud-Facchin, Psychologue Praticienne, Cogito’Z est un centre privé indépendant et autonome. Il regroupe une équipe de psychologues et de professionnels spécialisés multidisciplinaires qui interviennent en complémentarité pour optimiser la prise en charge.

Danse cette période trouble et déconcertante les équipes de Cogito’Z se mobilisent au travers d’une hotline psychologique gratuite pour tous au 0 805 822 810.

www.cogitoz.com


Et enfin le site psysolidaires.org, où des psychologues volontaires sont prêts à vous accompagner et vous aider à traverser cette période difficile au travers des consultations gratuites individuelles en ligne par chat, visioconférence et par téléphone.

 

Entrevue Sophie Mothiron - Psychologue association Palabre

 

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