Le CoursivesBlog

Alors que les Français sont appelés à limiter leurs déplacements et respecter le confinement, l’information face à l’épidémie de Covid-19 est plus que jamais nécessaire notamment dans un quartier populaire comme Empalot. Mais la question cruciale est aussi de savoir comment les journalistes peuvent continuer à travailler, et informer, dans cette situation inédite. Que ce soit dans la presse papier, la radio ou la télévision, la décision a rapidement été prise de développer voire généraliser au maximum le télétravail. Et les "Coursives d'Empalot" font de même... pour vous et avec ses lecteurs... premiers au contact..

Les isol-é-e-s

Publié le 03/04/2020

Depuis le début du confinement annoncé le 14 mars dernier, de nombreuses personnes, du jour au lendemain, se sont retrouvées seules chez elles sans personne avec qui communiquer. 


Notre société, pousse-t-elle de façon excessive au cloisonnement des âges ? On peut tout de même se poser la question. Aujourd’hui, les enfants, les adultes, les seniors, chaques groupe ont son monde dans lequel les autres ne pénètrent pratiquement jamais. Et cette forme de ségrégation est en partie responsable de l’isolement d’un très grand nombre de personnes, mais pas seulement. Deux groupes sociaux sont particulièrement touchés : les personnes âgées et les personnes socialement défavorisées, en particulier les titulaires de bas revenus et les non-diplômés. À l’isolement, s’ajoute souvent un mal-être, une vraie souffrance. Ainsi, une personne isolée sur quatre éprouve un sentiment de solitude ou d’ennui.


La solitude n’est pas l’isolement, ni l’inverse d’ailleurs. Ils sont cependant de la même racine : la conscience que l’on peut avoir de soi et de notre place dans le monde. L’isolement est un fait, la solitude, un sentiment. Il n’est pas négligeable de le rappeler. L’isolement est la description d’une situation dans laquelle une personne est séparée du reste de son environnement quotidien. Les symptômes d’un isolement total génèrent souvent du stress, de l’anxiété et parfois des troubles de la perception du temps. Cependant, ces symptômes surviennent lorsqu’il n’y a absolument aucune stimulation du système sensoriel et aucun contact avec le monde extérieur. De plus, l’isolement à long terme est souvent perçu comme indésirable, causant fatalement la solitude ou la réclusion résultant en une incapacité de nouer des relations sociales avec ses semblables. En outre, cela pourrait éventuellement conduire à une dépression.


Selon Dominique Haas, Directrice du Centre d’information et de documentation des droits des femmes et des Familles 31 : “globalement, on constate que les personnes sont de plus en plus en difficulté sociale, isolées ou pas. On s’aperçoit que sur le plan notamment des familles monoparentales, ce n’est pas un isolement ressenti, mais plutôt un isolement social. On rencontre des femmes, ce n’est pas une généralité, qui sont très peu en lien avec la vie sociale et professionnelle et qui ont par la suite des difficultés à se repérer dans une démarche d’insertion, une démarche d’accès à l’emploi. On s’aperçoit également que des personnes âgées nous sollicitent et nous révèlent un certain isolement. Il y a une souffrance grandissante dans les questionnements de femmes que nous recevons, une souffrance liée à des difficultés économiques. Il y a une certaine pression qui s’exerce sur les femmes que nous accueillons, une pression psychologique, une pression de l’emploi à tout prix ; ce qui fait qu’elles accèdent à des emplois où l’on ne s'épanouit pas forcément. Les situations de ces femmes sont compliquées, elles évoquent des souffrances psychiques. Par exemple, les cas de divorce, les couples sont confrontés à des problèmes de logement, il naît alors des problèmes dans les familles qui se séparent à cause de la cohabitation et faute de moyens”.


En France, 5 millions de personnes sont seules, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas de relations sociales, que ce soit sur le plan familial, amical, professionnel ou encore de voisinage. Et en dépit réseaux sociaux qui nous plongent dans une ère d’hyper-connexion, nous n’avons jamais été aussi isolés. Et ce confinement ne fait qu’exacerber la situation.


La solidarité pour rompre l’isolement 

Dans les cas les plus sévères, l’isolement social conduit à des pertes d’espérance de vie. De récents travaux présentés au congrès de l’Association américaine de psychologie en 2017, montrent que selon 148 études sur le sujet couvrant 300 000 participants, le risque de mortalité prématurée augmente de 50 % du fait de l’isolement social. Les interactions avec les autres sont donc essentielles à la construction d’un individu et au bon fonctionnement de son cerveau. 


Gilles : “Le quotidien est tristounet...habituel...sans émotions.”


Pour aider les personnes isolées, de nombreuses initiatives et actions se sont développé ces derniers temps, à cause ou grâce au confinement, pour maintenir un peu de lien. De cette manière, les personnes isolées en situation de fragilité personnelle ou sociale sont mises en relation par le biais du téléphone avec des associations de terrain qui connaissent déjà la situation fragile de certains. Il est bien sûr, important de laisser libre la parole. C’est un processus très efficace qui permet de retrouver la confiance. Génération Solidaires, Karavan, Aifomej, et les bonnes âmes du quartier d’Empalot on fait le choix de venir en aide aux plus fragiles et aux plus isolés… Déposer des courses, parler au téléphone etc…


Andrée : “Le fait de ne rien faire, de ne pas sortir, c’est dur… je suis fatiguée et j’ai peur....”


L’isolement social existe à tous les âges de la vie, mais augmente et devient massif pour les plus âgés. Un senior sur 4 est isolé : cela représente 24% en 2014 contre 16% en 2010. 1,5 millions de personnes de plus de 75 ans vivent aujourd’hui en France dans une solitude qu’elles n’ont pas choisie. L’isolement social, qui crée un risque important de perte d’autonomie, est devenu un nouveau risque social, un enjeu de santé publique et de cohésion sociale. 


Christine : “Je ne vois plus mes petits enfants...Ça c’est dur”


L’isolement social entraîne une perte d’identité et d’égalité dans la société. Celui qui reste seul se sent banni. Pour les personnes isolées, se joindre à des groupes dans la communauté et faire du bénévolat peuvent aider à élargir leur environnement et à offrir des occasions d'engagement social. Même si la solitude reste taboue dans notre société, les trois-quarts de ceux qui en souffrent disent avoir du mal à en parler. Face à la situation inédite de solitude créée par le confinement, l’association des Petits Frères des Pauvres continue de se mobiliser pour répondre aux appels reçus sur leur ligne solidaire Solid’écoute. Astrée, association nationale reconnue d’utilité publique, lutte depuis plus de 30 ans contre l’isolement grâce à un réseau de bénévoles formés à l’écoute et l’accompagnement. En plein coronavirus, les bénévoles ont adapté leur aide en poursuivant leur soutien par des appels téléphoniques très réguliers avec un accompagnement personnalisé, spécifique et renforcé se déroulant ainsi à distance. La solidarité ne sera jamais confinée.


Voici le lien d'une plateforme pour pouvoir organiser collectivement les collectes de dons et pouvoir les redistribuer de manière structurée sur tous les lieux de vie isolés auprès des personnes en situation de précarité ayant besoin d'aide. 

 

https://www.helloasso.com/associations/la-chapelle/collectes/notre-solidarite-n-est-pas-confinee?fbclid=IwAR1AduTClY68_VNnalPnKETwnB7Nin3NW-jhKEPOCQfej8d6KUh7DZ-v49s 

 

Témoignages Habitant-e-s Empalot

Andrée 

Éric 

Gilles 

Christine



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