Le CoursivesBlog

Alors que les Français sont appelés à limiter leurs déplacements et respecter le confinement, l’information face à l’épidémie de Covid-19 est plus que jamais nécessaire notamment dans un quartier populaire comme Empalot. Mais la question cruciale est aussi de savoir comment les journalistes peuvent continuer à travailler, et informer, dans cette situation inédite. Que ce soit dans la presse papier, la radio ou la télévision, la décision a rapidement été prise de développer voire généraliser au maximum le télétravail. Et les "Coursives d'Empalot" font de même... pour vous et avec ses lecteurs... premiers au contact..

La rentrée du 11 mai

Publié le 24/04/2020

La réouverture programmée des établissements scolaires suscite beaucoup d'inquiétudes chez bon nombre de parents et d’enseignants. On attendait une date et elle est tombée: à partir du 11 mai, une partie des élèves retrouvera donc le chemin de l’école, conformément à ce qu’a annoncé Emmanuel Macron dans son allocution du 13 avril.  Mardi 23 avril c’était à Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education d'apporter quelques éléments sur le calendrier et la  mise en œuvre du retour des élèves dans les établissements. Il faut dire que certains parents usés par des semaines de classe à domicile ne cachaient pas un soulagement quand d’autres étaient très inquiets et critiquaient déjà le bien-fondé d’une telle décision, aux côtés d’enseignants, voire de soignants.


Le chef de l'État l’a affirmé: « La situation actuelle creuse des inégalités. […] Trop d'enfants, notamment dans les quartiers populaires ou dans nos campagnes, sont privés d'école, sans avoir accès au numérique, et ne peuvent être aidés de la même manière par les parents. C'est pourquoi nos enfants doivent pouvoir retrouver le chemin des classes ».


« Le premier critère, il est d'abord social », a quant à lui souligné, Jean-Michel Blanquer, laissant entendre que les élèves les plus en difficulté pourraient reprendre en premier. « Il faut sauver les élèves qui pourraient partir à la dérive du fait du confinement »


Le retour en cours près de deux mois après la fermeture de l'ensemble des établissements serait donc la première étape à une reprise de la vie sociale en France. 


Mais de nombreuses questions subsistes et le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer est revenu sur ces déclarations et a tenu à rassurer la population. Moins d’heures de cours, classe en petits groupes… “L’école ne sera pas obligatoire le 11 mai, le retour sera progressif”, a-t-il expliqué. Comme le souligne Isabelle Turlan du réseau REP (Éducation Nationale) qui travaille avec les équipes pédagogiques du quartier d’Empalot, elle parle d’une grande concertation avec les enseignants, les chefs d’établissements mais également les collectivités locales notamment la Ville de toulouse, pour un retour progressif et concerté. Dans les quartiers populaires, les écoles en REP et REP+, le réseau d'éducation prioritaire, les classes de CP et CE1 à petits effectifs de 12 à 15 élèves pourraient faciliter la reprise pour ces deux niveaux-là. Mais là aussi on ne sait pas si les cantines vont rouvrir. Il faut organiser le temps de classes : des cours par demi-groupe ? Sur des mi-journées ? Les discussions commencent donc. Jean-Michel Blanquer et toutes les personnes concernées se donnent 15 jours pour préparer un plan de reprise progressif. Mais l’Elysée a annoncée que le retour progressif des enfants se fera « sur un principe de volontariat des parents et sans obligation ». La priorité sera sans doute donnée aux « plus jeunes, ceux qui ne sont pas autonomes », ainsi qu’aux enfants « les plus en difficulté ».

 

Ce vendredi 24 avril, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, a indiqué que « dans un premier temps, nous pensons ouvrir une école sur trois, afin de permettre d’accueillir entre 3000 et 4000 élèves » à partir du mardi 12 mai 2020, date de la réouverture des écoles aux élèves. « La démographie de Toulouse est très forte, nous ne pourrons donc pas accueillir la totalité des tranches de classe (grandes sections, CP et CM2) que le ministre, Jean-Michel Blanquer a évoqué », a ajouté Jean-Luc Moudenc.  « La doctrine sanitaire dont nous avons besoin est en cours d’élaboration au niveau national et sera connue en début de semaine prochaine », a précisé le maire de Toulouse, qui s’est d'ailleurs entretenu la veille, avec une vingtaine d’autres maires, avec le président de la République, Emmanuel Macron. Pour les cantines, le maire ne s'interdit pas d'organiser les repas dans d'autres salles en plus des réfectoires, voire dans les préaux. Il a également indiqué travailler à la réouverture des accueils périscolaires.


REP

La politique d'éducation prioritaire s'applique sur une carte actualisée et plus juste des réseaux écoles/collèges entrée en vigueur à la rentrée 2015. Elle privilégie l'action pédagogique, favorise le travail collectif des équipes, l'accompagnement et la formation des enseignants pour le développement de pratiques pédagogiques et éducatives cohérentes, bienveillantes et exigeantes adaptées aux besoins des élèves et inscrites dans la durée. Deux types de réseaux ont été identifiés : les REP+ qui concernent les quartiers ou les secteurs isolés connaissant les plus grandes concentrations de difficultés sociales ayant des incidences fortes sur la réussite scolaire et les REP, comme Empalot, plus mixtes socialement mais rencontrant des difficultés sociales plus significatives que celles des collèges et écoles situés hors de l'éducation prioritaire. Tous les réseaux d'éducation prioritaire conçoivent un projet fondé sur le référentiel de l'éducation prioritaire qui prend en compte l'ensemble des facteurs contribuant à la réussite des élèves et offre un cadre structurant permettant aux personnels d'exercer leur liberté pédagogique en s'appuyant sur des repères solides et fiables. En 2014 les enseignants et parents d’élèves d’Empalot et de l’école Littré s’étaient battus pour éviter justement de sortir du dispositif suite à la circulaire ministérielle  qui devait dessiner la nouvelle carte de l'éducation prioritaire en France et donc évincer ces écoles.

 

Depuis le mercredi 22  avril, le Conseil départemental de Haute-Garonne a procédé à la distribution de 300 tablettes numériques supplémentaires aux collégiens ne disposant pas le matériel informatique nécessaire à la poursuite pédagogique. Ces tablettes ont été remises en priorité aux collégiens concernés par le plan départemental de mixité sociale dans les collèges ainsi qu’aux élèves des établissements du Réseau d’éducation prioritaire (REP).

 

Entrevue Isabelle Turlan - Réseau REP (Éducation Nationale)

Quelles sont les conditions pour cette rentrée particulière du 11 mai?

Pour l'instant, nous sommes dans une phase de réflexion, de travail avec en particulier les collectivités territoriales. Ce qui est sûr, c'est que cette rentrée sera très progressive et doit se préparer de façon très étroite avec les collectivités territoriales qui sont propriétaires et responsables des locaux, ainsi que du personnel municipal qui y travaille. C’est donc une réflexion globale, avec les questionnements des enseignants, en essayant d’anticiper toutes les situations possibles qui vont se présenter. 


Avez -vous des retours d'enseignants?

Pour l’instant, nous sommes dans la phase de collecte de toutes les interrogations des enseignants, leurs questions. Pour l’instant, le cadre n’est pas fixé, il n’est pas définitivement annoncé puisque nous sommes dans cette phase de réflexion. Pour l’instant nous sommes plus dans une démarche de collecte et de recensement des questionnements qui se sont engagés depuis les annonces. On n’est pas encore dans une démarche de retour, mais plus dans une démarche de questionnements partagés sur ce qui sera envisageable ou pas. En tout cas, il y a une véritable écoute qui est en œuvre actuellement à tous les niveaux pour l’instant.


Des enfants n’ont-ils pas déjà décroché ?

Si on parle de la continuité pédagogique, au sens large, de la continuité des apprentissages, le suivi du lien avec les familles, de la relation avec les enfants, nous avons maintenant plus de recul puisque cette continuité s’est mise en place avant le confinement, 3 semaines avant les vacances de Pâques. Pour les écoles d’Empalot, par exemple, les enseignants ont mis en œuvre tout ce qu’ils pouvaient pour maintenir ce lien avec le plus de famille possible via différents canaux. Avec ceux qui sont équipés soit d’ordinateur, soit de tablette, ou au minimum d’un smartphone même si ce sont ceux de leurs parents, ont pu suivre toutes les propositions des enseignants via des envois de mails, via l’espace numérique de travail ENT qui a été mis en place dans l’ensemble des écoles de la ville de Toulouse préalablement et indépendamment au problème lié au virus. C’était donc l’occasion de s’en servir. Les enseignants ont aussi beaucoup passé de coups de fil, aux familles et aux enfants dont ils n’avaient plus de nouvelles par voie numérique et de messageries. Il y a aussi des envois de travail papier qui sont possibles, en particulier grâce maintenant à la ville de Toulouse qui a mis en place un système où il est possible via le dépôt de documents dans certaines écoles relais. Les 3 semaines précédant les vacances, les enseignants avaient donné le vendredi du départ des choses à faire. Il y a eu aussi des permanences pendant les premiers jours de confinement où les parents ont pu récupérer du travail ou du matériel notamment les maternelles. Les maîtresses avaient préparé des petites choses pour que les parents puissent venir récupérer tout ça. Après, d’une classe à l’autre, d’un enseignant à un autre, les propositions peuvent être différentes. C’est sûr qu’on ne propose pas la même chose en moyenne section qu’en CM2. Après ce qui est commun, c’est que les enseignants font ce qu’ils peuvent pour essayer de maintenir la relation et de proposer, de donner aux enfants des choses à faire seul ou un minimum accompagné, sans forcément imprimer, avec le moins de matériel possible. Les enseignants essaient de penser à tout ça pour s’adapter aux contraintes du moment. Après, c’est peut-être pas parfait, et non exhaustif, mais les enseignants font au mieux.

 

 

Coup de Pouce

L'ISAE-SUPAERO et l'INSA Toulouse, leurs étudiants, doctorants et alumni (anciens élèves) proposent de se mettre à la disposition des lycéen-ne-s de 1ères et Terminales Générales et Technologiques à dominantes scientifiques de l'Académie de Toulouse.

La priorité est donnée aux jeunes dont les parents sont fortement mobilisés ( santé, armée, police, pompier, préfecture, alimentaire, employés de mairie…) et aux familles qui ne disposent pas des ressources nécessaires pour accompagner leur enfant, notamment dans ou à proximité des quartiers politiques de la ville.

Chaque lycéen ou lycéenne bénéficiera de l'accompagnement méthodologique et disciplinaire d'un tuteur volontaire sur toute la durée du confinement. Les séances se feront par groupes de 2 à 3 jeunes par étudiants/professionnels, sous la forme de rendez-vous en ligne à raison de deux fois une heure par semaine, rythme à ajuster en fonction des contraintes de chacun.

A ce jour plus de 120 étudiants, doctorants et alumni de L'ISAE-SUPAERO et de l'INSA Toulouse se sont mobilisés dans cette action de continuité pédagogique et solidaire. Aussi, plus de 300 jeunes peuvent d'ores et déjà solliciter leur aide en écrivant à l'adresse électronique dédiée : solidarite.tutorat@gmail.com


Envoyer à un ami

* champs obligatoires

* champs obligatoires

« Les informations recueillies font l’objet d’un traitement informatique destiné au traitement de votre demande. Le destinataire des données est Karavan. Conformément à la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978 modifiée en 2004, vous bénéficiez d’un droit d’accès et de rectification aux informations qui vous concernent, que vous pouvez exercer en vous adressant à Karavan, 34 bd des Récollets - 31 400 Toulouse. Vous pouvez également, pour des motifs légitimes, vous opposer au traitement des données vous concernant. »