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Catastrophe de Vierzy / Quarante ans après, l'émotion à vif Convertir en PDF  | Version imprimable |  Suggérer par mail

d’après L’Union

 

Publié le jeudi 14 juin 2012 à 10H06

 

VIERZY (Aisne) Samedi sera commémoré le 40e anniversaire de la catastrophe ferroviaire de Vierzy, accident consécutif à un effondrement de la voûte du tunnel. Le bilan a été très lourd, avec 108 morts et 130 blessés. Parmi les victimes, il y avait le fils de Lucien Sauvage et la sœur de Michel Guillemot. Leur émotion est encore vive.

 

Jean-Jacques Denizot était, lui, jeune sapeur-pompier volontaire. Il raconte. Le procès au tribunal correctionnel a été un temps fort et a mis en avant la responsabilité de la SNCF.

 

CE devait être un week-end de festivités. Soissons se préparait à accueillir un concert de Johnny Hallyday mais aussi à se rendre aux portes ouvertes du 67e R.I., à la caserne Gouraud. Le village de Vierzy devait, lui, célébrer la Saint-Ruffin, le patron de la commune.


Un peu avant 21 heures pourtant, ce vendredi 16 juin 1972, tout bascule. L'autorail 2841 en provenance de la Capitale s'engouffre dans l'entrée sud du tunnel de Vierzy à 110 km/heure.

Deux autorails à pleine vitesse


Quelques secondes plus tard, la première voiture du convoi s'encastre dans un vaste amoncellement de briques, de terre, de ciment et d'acier qui ferme les voies. Les autres voitures s'empilent ensuite pour partie les unes sur les autres.


Une minute après, un second autorail, le 7844, file, lui, à 90 km/heure en direction de Paris et pénètre dans l'accès nord du tunnel. Chaque jour, c'est là qu'il croise le train qui fait route vers Laon, mais le même terrible piège attend ses voyageurs. L'autorail est projeté en hauteur et va à la rencontre de l'autre train sous ce qui reste de la voûte qui s'est effondrée, on le saura plus tard, vers 20 h 30, peu après le passage d'un convoi de marchandises.


« Il y avait des travaux sur la voûte. Pour gagner du temps sans doute, une partie plus importante avait été démontée », note Lucien Sauvage, le président de l'Union des victimes de Vierzy, qui a perdu son fils de 21 ans dans la catastrophe.


Bien que blessé, le chef de train du Laon-Paris parvient à s'extirper de l'enfer et à donner l'alerte à 21 h 11, avec le téléphone de voie situé près de la gare. Ce sont huit volontaires du centre de secours d'Hartennes-et-Taux qui sont en première ligne. Au fil des minutes, le bruit lancinant des sirènes sonne l'alerte générale dans les villes voisines et les moyens humains et matériels montent en puissance.
À 22 heures, le plan Orsec est déclenché par l'autorité préfectorale.


L'insoutenable attente


Au total, plus d'un demi-millier de secouristes vont se relayer jusqu'au mercredi suivant, jour où sera extrait du tunnel le tout dernier corps. Le bilan final sera terrible : 108 morts, 130 blessés.


Si l'information de la catastrophe n'a, dès le vendredi soir, fait qu'une traînée de poudre, l'attente et l'incertitude des familles des victimes n'en seront que plus insoutenables. « On a retrouvé ma sœur de 27 ans, le dimanche », se remémore Michel Guillemot, dont le père portera l'association des victimes sur les fonts baptismaux, avec comme objectif de mieux « se défendre face au géant » que constitue la SNCF


Le corps sans vie du fils de Lucien Sauvage a, lui, été sorti du tunnel le mardi. Pour l'un comme pour l'autre, quarante ans après, la douleur est toujours aussi vive.


« À chaque fois, ça me remue le cœur, confie Michel Guillemot, la gorge nouée d'émotion. Mon oncle, qui était Centralien, avait réussi à rentrer dans le tunnel. Jamais, il n'a pu me parler de ce qu'il avait vu à l'intérieur. » D'ailleurs, ajoute le Soissonnais, « je comprends les gens qui ne veulent plus évoquer la catastrophe ».
Si les rangs des personnes qui assistent, chaque 16 juin, aux cérémonies en souvenir des victimes, sont de plus en plus clairsemés, Lucien Sauvage et Michel Guillemot sont attachés à la pérennité de cet hommage : « Le petit peu qu'on peut faire, c'est important. »

 
 

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