cas en 2009-2010- dossiers à télécharger

lycée Eiffel à Cachan 2008

Faits reprochés: Nous avons pu voir des photos et un film du bizutage dans lequel un adulte ( qui s’est révélé être un enseignant ) lève son tee-shirt et se fait embrasser le ventre nu par une élève ; un élève est nu devant ses camarades, et cela dans une salle du lycée, etc.

L’un des rapports administratifs sur cette affaire ( selon nos sources, il y en a eu au moins un autre qui ne nous a pas été communiqué malgré notre demande ), écrit par le proviseur de l’établissement, ne fait que reprocher des excès sans les décrire, mais relève des bières bues et un cigare fumé, ce qui semble montrer un curieux sens de la hiérarchie morale. De plus, dire que « les jeunes sont souriants, volontaires et ne subissent aucune contrainte » alors qu’on voit sur des photos des élèves attachés, est factuellement faux, oublieux de la contrainte du groupe dans les cas de bizutages, ce que tout le monde sait, et révoltant pour les victimes. Enfin, les humiliations, que personne de sensé ne peut dénier en l’espèce, ne sont pas considérées comme tel puisque, selon le rapport, les enseignants présents ont veillé au respect des personnes.

EISTI de Pau 2008

Faits reprochés: des élèves en sacs poubelles, recouverts de farine, se faire entartrer dans la rue, être dans des positions obscènes en public, comme des simulations de fellation.

Le rapport de l’Ecole indique que le contexte de ces photos est convivial, et même que la présence des élèves « sur un site public est la meilleure preuve que les élèves ne les jugent ni infamantes ni obscènes », même si les images sont jugées par le rapport « d’un goût douteux ». Il est également précisé que personne n’est obligé d’y participer. Pour l’A.C.B., il est clair que ce rapport ignore délibérément la loi sur le bizutage de 1998 qui installe un délit de bizutage même si les actes humiliants sont consentis. C’est tant la lettre que l’esprit de la loi sur le bizutage qui sont niés.

EMA d'Alès 2009

Faits reprochés: bombardage d'oeufs, de farine, d'eau et de crème fraîche sur les nouveaux. Les étudiants ont ensuite été attachés par trios,se, sont fait dédicacer une fesse... ou ont du ramener un concombre.

L’administration a réagi contre ce bizutage.

ENSAM Angers 2009

Soutien à SOS bizutage concernant l’ENSAM d’Angers.

ESMISAB de Brest 2009

Faits reprochés: constater qu’une fois de plus un week-end d’ « intégration » se passe mal. On peut voir sur ces photos des élèves dans des sacs poubelles, le haut du corps recouvert de farine, et même un élève devant mettre son visage dans un bol rempli d’une substance blanchâtre.

IAE de Caen 2008

Faits reprochés: Nous avons pu obtenir des photos où l’on peut voir des visages de jeunes dans des substances liquides peu ragoûtantes, un garçon léchant à genoux un objet imitant la forme d’un sexe masculin.

Nous avons demandé de recevoir l’enquête administrative, concernant cette affaire, en septembre 2009. Ce n’est qu’en septembre 2010 que nous avons pu avoir accès au rapport, après une seconde demande à la rentrée 2010, et alors que le rapport date d’octobre 2009, soit un an après son existence. Ce qui est positif, malgré tout, est que ce rapport existe et qu’il nous a en définitive été donné. La lecture de ce rapport nous permet de constater que la loi sur le bizutage est ouvertement méprisée quand il y est précisé que les jeux étaient libres et que personne n’a été contraint contre sa volonté. Devons-nous rappeler que le délit de bizutage est constitué même quand les humiliations sont acceptées par les victimes ? Le rapport qualifie d’une manière contestable le bizutage humiliant à l’IAE de « rassemblement d’étudiants bien sympathique ». D’autre part, le courrier du Recteur adressé à notre association, disjoint du rapport, ne tient pas compte, lui non plus, de la loi sur le bizutage en déniant cette qualification au fait de demander aux étudiants de mettre leur visage dans une bassine contenant de la mayonnaise et du ketchup sous prétexte qu’il s’agissait d’une référence au concept du Burger quizz, et que ce jeu était basé sur le volontariat et la libre participation. Enfin, le texte du Président de l’association organisatrice du WEI remis au directeur de l’IAE, dans le cadre de ce rapport, affirme sans fausse honte que ce WEI a contribué au bien-être des élèves dans leur promotion, texte qui laisse songeur.

IAE de Nancy2 2009

Faits reprochés: des élèves le visage grimé et recouvert de sacs poubelles, ou des élèves attachés et entourés de papiers toilettes, avec même pour un étudiant la bouche remplie de papiers toilettes.

 

IEP de Bordeaux 2008

Faits reprochés: garçon commençant à se déshabiller dans le car, fille allongée salie par des aliments, garçon allongé sur le dos une fille sur lui en soutien-gorge, puis rôle inversé, garçon montrant ses fesses sur une table et qui remet très vite son pantalon, garçon entièrement nu se cachant le sexe, fille torse nu se protégeant la poitrine en étant accroupie.

Aucune reaction de l’administration.

IPSA d'Ivry 2009

Faits reprochés: des élèves de cette Ecole font des pompes, des garçons en slip, un élève que l’on attache, de la farine sur des élèves faisant des pompes, des élèves en sacs poubelles, un garçon se mettre tout nu dans les rues de Paris, des élèves montrant leurs fesses, des élèves se faisant entartrer ou attacher ensemble à la cheville.

Depuis notre première démarche en janvier 2010, nous n’avons reçu aucune nouvelle tant de l’Ecole que du Rectorat, les faits étant trop accablants.

IUT d'Avignon 2008 et 2009

Faits reprochés:  Lors de bizutage, les élèves ont été agressés par des jets de farine.

Le rapport de la Directrice de l’IUT appelle plusieurs remarques. Les jeux et humiliations ne sont pas décrits dans le rapport. Un rapport qui n’établit pas les faits n’est pas un rapport digne de ce nom. Les humiliations sont appelées « jeux de plein air sans danger », humiliations dont certaines photos étaient dans le rapport, sans une photo plus parlante que les autres car on y voit une jeune fille pas contente du tout de cette agression. Surtout, le rapport avoue que l’administration participe au bizutage par un créneau horaire banalisé et des activités approuvées par la Directrice. On voit donc une complice d’un bizutage faire elle-même le rapport officiel sur ce même bizutage. Les conditions d’un rapport objectif ne sont pas réunies.

IUT de Clermont 2009

Faits reprochés: l’on peut voir des élèves avec de la farine sur le visage, un élève devant attraper un bonbon avec la bouche dans un bol de farine, un élève allongé sur le dos et devant attraper par la bouche un flamby qui est lâché de haut, un garçon avec un soutien-gorge sur les vêtements puis dégrafage de ce soutien-gorge par un autre étudiant avec les dents, course à deux pieds attachés.

Selon la lettre du Recteur qui nous a été adressée, les élèves ont affirmé n’avoir subi aucune pression physique ou morale lors de cette journée d’ « intégration ». Ces attestations d’élèves sont présentées dans cette lettre comme la preuve que les étudiants n’ont pas été amenés, comme le dit la loi du 17 juin 1998, à commettre ou à subir, contre leur gré ou non, des actes humiliants ou dégradants. Force est de constater que l’affirmation de ces élèves ne contredit en aucun cas les conditions de qualification pénale de la loi sur le bizutage, puisque le législateur, dans sa grande sagesse, a précisé, comme indiqué dans la lettre même du Recteur, qu’il y a bizutage même quand les personnes sont consentantes.  Cette disposition a été insérée dans la loi pour tenir compte de la réalité du phénomène du bizutage qui contient toujours une pression psychologique du groupe sur les individus. Il faut, bien entendu,  pour que la loi soit applicable, que les faits soient de nature humiliante. Tout d’abord le caractère humiliant d’un acte doit être pris objectivement et n’a pas besoin d’être déclarée tel par le bizuté pour être qualifié d’humiliant, sans quoi on ne comprendrait pas pourquoi la loi a précisé qu’un acte humiliant consenti est répréhensible et reste humiliant. De plus, le caractère humiliant des actes commis ( être attaché, recevoir de haut des flamby dans la bouche, mettre son visage dans un bol de farine ) ne peut sérieusement être dénié. Le fait que ces actes aient pu avoir lieu dans un contexte soit-disant « ludique », comme le Recteur l’indique dans sa lettre, n’empêche en aucun cas qu’il soit humiliant. L’émission chut chut chut sur la chaîne w9 en est un exemple. Ce qui s’est passé est d’autant plus grave que les faits de bizutage ont été commis dans le cadre d’activités organisées par un département universitaire et soutenus par des fonctionnaires chargés de faire respecter la loi et de protéger leurs étudiants, ce qui n’a pas été le cas dans cette affaire.

médecine Bordeaux 2008

Faits reprochés: garçon en slip et chemise se faisant épiler les jambes ou le torse avec un sparadrap, filles à genou devant des garçons devant dérouler par la bouche un préservatif sur un concombre au niveau du sexe des garçons, garçons à quatre pattes sur l’estrade devant manger de la chantilly avec du poivre et du tabasco le plus rapidement possible, fille devant doubler une scène érotique filmée, strip-tease intégral de garçons.

 

Aucune réponse de l’administration.

médecine Toulouse 2009

Faits reprochés: kidnappining, sur le dos nu d'étudiantes à quatre pattes un Flamby caramel avalé sans cuillère.

Aucune reaction de l’administration.

lycée Ozenne Toulouse 2009

Faits reprochés: « les étudiants en classe préparatoire au lycée Ozenne déambulent dans les rues, en demandant aux passants de les entartrer avec de la chantilly. Puis, attachés aux grilles de l'établissement, ils sont aspergés avec de la soupe de poisson.

Le Recteur nous a envoyé un mail indiquant que le proviseur nie les faits rapportés par la presse et décrits plus haut. Plus curieusement, le Recteur nie que la Dépêche en ait parlé, allant ainsi contre toute évidence. Enfin, il est inadmissible de voir un Recteur parler de « caractère exemplaire des bizutages », ce mot étant bien entendu réservé aux séances d’humiliations que subissent chaque année des étudiants dans son académie comme ailleurs. Remise bien plus tard, une lettre du Recteur relate cependant des faits similaires. L’administration du lycée s’est contentée d’un arrêt du bizutage avec des remarques faites…aux bizutés, et d’un rappel à la loi aux bizuteurs. Les bizuteurs ont du être effrayés d’une réaction si véhémente.

 

lycée Riquet Orens 2009

Faits reprochés: des élèves attachés à une jambe et à un bras par deux, devant se rouler par terre et se faisant asperger d’eau et de farine ; des élèves doivent tourner une quinzaine de fois la tête penchée vers le bas, puis boire une bière sans s’arrêter, enfin courir ; élèves devant boire une mixture en cas de mauvaises réponses à une question, le tout à genou, le corps entier attaché et sali.

 

La sanction, une punition avec sursis, équivaut à…rien du tout dans l’éducation nationale.

sages-femmes Amiens 2008

Faits reprochés:  des jeunes, bandeaux sur les yeux, recouverts presque entièrement de farine ; élèves à genoux en train d’avaler une substance inconnue peu agréable ; filles et garçons devant sucer une préservatif rempli de liquide inconnu ; des garçons mis entièrement nus ; un garçon à qui on arrache les vêtements,etc

La réponse du ministère montre qu’à aucun moment n’a été reconnue l’existence d’un bizutage par l’institution locale. Cependant, le ministère parle, lui, de bizutage.

Base aérienne Reims 2009

Faits reprochés : La jeune officier Christel Nadeau s’est vue demander de mettre des patins à roulettes d’une rangée. Chaussée ainsi, arrivant déséquilibrée, elle s’est présentée à son escadron. Quelqu’un lui a intimée l’ordre de se présenter à un supérieur avec une tasse de café et une poule en chocolat dans les mains. L’officier Nadeau est tombée et s’est faite mal. Plus tard, elle s’est vue intimer un second ordre : attraper par la bouche un insigne militaire dans une assiette  remplie de farine, de ketchup et de moutarde ! L’officier Nadeau s’est retrouvée ainsi le visage recouvert de ces aliments, montrant l’insigne entre ses lèvres.

Aucune réponse écrite.