Actualités presse sur le bizutage

 

 

2014 

 

155. Mali. Des têtes vont-elles tomber au « camp des Gardes »?: 1 élève Caporal battu à mort. Bizutage? 

154.  Bizutage EDHEC Lille : le conseil de discipline de l'école prononce 4 blâmes et 2 exclusions définitives  

153. Bizutage EDHEC Lille : l'événementiel associatif de l'école suspendu jusqu'à conclusion de l'enquête de police

152. Nangis Seine-et-Marne : un jeune homme de 18 ans séquestré à Nangis puis forcé à voler pour un "rite initiatique"dans une bande

151. Metz (suite). Un pompier condamné pour bizutage : 500 euros d'amendes fermes pour neuf mois d'humiliations sur mineur et des agressions sexuelles !

150. Bizutage USA : Une douzaine d'étudiants américains arrêtés

149. Bilan sur le bizutage en Europe  

148. Bizutage: le Portugal secoué par les révélations sur la noyade de six étudiants

147. Belgique : Un élève de 18 ans victime de bizutage à l'Athénée Royal de Herstal: il a été frappé et brûlé par une bande

146. Metz: clémence requise pour les six pompiers jugés pour bizutage

145. Metz: 6 pompiers à la barre pour bizutage

 

155. Mali. Des têtes vont-elles tomber au « camp des Gardes »?: 1 élève Caporal battu à mort. Bizutage?  

Chacun se rappelle de l’affaire des “six élèves officiers de l’École Militaire Interarmes (Emia) de koulikoro tués en 2011, des suites de bizutage. Les six élèves dont la Sénégalaise Fatou Seck Nguingue étaient en classe de 2ème année à l’Émia et il a été dit qu’ils avaient été soumis au bizutage par leurs aînés de la 3ème année.

A l’époque, les autorités avaient fini par relever de leurs fonctions le commandant de l’Emia, le commandant du centre d’instruction de Koulikoro et l’ensemble du personnel d’encadrement de l’Emia ont été relevés de leurs fonctions. Aussi, les instructeurs présents sur le terrain au moment du bizutage ont été mis aux arrêts pour 60 jours, les 24 élèves de la 3éme année furent radiés des forces armées et mis à la disposition des juridictions compétentes.

On en est pas encore là dans l’affaire qui fait bruit dans les coulisses du Camp des gardes de Bamako. Ici, on rapporte qu’un élève Caporal de la Garde nationale a été battu à mort, en fin février-début mars. Battu à mort par qui et pourquoi? motus et bouche cousue.

Ce qui est sûr par contre, c’est que les parents de l’élève Caporal ont exigé qu’une autopsie soit pratiquée. Les résultats de celle-ci suscitent grands “bruits” au Camp des gardes et certains croient savoir que des têtes vont tomber. De la hiérarchie? Attendons voir.

En attendant, la dépouille de l’élève a été portée sous terre le dimanche dernier, 9 mars.

 Mali, le 13/03/14

 

 

154.  Bizutage EDHEC Lille : le conseil de discipline de l'école prononce 4 blâmes et 2 exclusions définitives

La soirée d’inté de l’asso Course-croisière EDHEC qui a mal tourné voilà deux mois à Lille a abouti à plusieurs sanctions disciplinaires lourdes contre les bizuteurs

Ma Chaîne Etudiante vous en parlait déjà ici et .

Un week-end fin octobre s’était soldé tragiquement par l’admission aux urgences d’un élève de première année des suites de mauvais traitements.

6 élèves concentrent les foudres de l’école

Un étudiant de vingt ans faisant une chute occasionnant de multiples fractures vertébrales, ça embarrasse énormément. Surtout quand on fait partie de la dix-septième meilleure école de commerce mondiale, d’après le palmarès Financial Times 2013. Suite au bizutage du jeune homme qui, une fois laissé ivre mort, tombait mystérieusement dans le vide de deux étages, une procédure judiciaire avait été lancée parallèlement à l’enquête interne qui devait statuer sur l’avenir des responsables présumés des faits au sein de l’établissement.

Histoire de ne pas ternir plus longtemps la vie événementielle de l’école et par extension son image, son Conseil de Discipline décide de passer à la vitesse supérieure : réuni la semaine dernière en audience spéciale, il a prévu de pénaliser six élèves ayant participé à la soirée, responsables selon lui à des degrés divers de l’alcoolisation d’au moins neuf première année qui a conduit au drame. Selon Nord Eclair, la direction de l’école a déclaré que l’enquête administrative réalisée par l’EDHEC et les audiences du Conseil de Discipline, ont fait état de comportements répréhensibles au regard du règlement intérieur de l’école. Cependant, tous les étudiants présents, nouveaux et anciens, ont absolument démenti toute obligation à boire pendant la soirée, et tout acte d’humiliation ou dégradant.

Des punitions pour l’exemple

L’établissement a ainsi jugé légitimes les deux exclusions définitives avec sursis probatoire prononcées à l’encontre d’étudiants de deuxième année du programme Grande Ecole ainsi que les quatre blâmes prononcés contre d’autres étudiants, d’après l’AFP. Précisons que ces mesures veulent pénaliser les deux personnes qui ont organisé la soirée et quatre autres ayant encouragé des comportements répréhensibles, à boire, entre autres bien que le porte-parole de l’ESC n’emploie à aucun moment le terme de bizutage.

L’information judiciaire ouverte contre X au Parquet de Lille, toujours en cours, a vu ces derniers jours l’établissement se constituer partie civile. Les bizutages par le biais de week-ends d’intégration et autre soirées d’intronisation défraient régulièrement la chronique au point qu’un établissement aussi prestigieux que l’IEP de Grenoble avait, par exemple, décidé de supprimer purement et simplement son WEI de l’année dernière pour éviter toute vague.

Mcetv.fr, le 24/12/13

 


153. Bizutage EDHEC Lille : l'événementiel associatif de l'école suspendu jusqu'à conclusion de l'enquête de police

Elève bizuté à l’EDHEC, épisode deux: après les réactions officielles en cascade pour dénoncer l’intégration tragique du jeune lillois hospitalisé et dans l’attente de voir des têtes tomber, les premières sanctions viennent frapper les assos de l’école de commerce de plein fouet

A mesure que les zones d’ombres se multiplient sur cette affaire de bizutage s’étant soldée par une triple fracture vertébrale pour l’intéressé, ainsi qu’MCE-tv vous en parlait ici, les premières mesures disciplinaires sont prises par la direction de l’EDHEC pour tenter de calmer le jeu.

Pression (…) psychologique 

Car on a bien à faire à un bizutage caractérisé. Ainsi qu’en témoignent les parents du jeune victimisé à La Voix du Nord : Ils étaient forcés sous peine de tatane, ils étaient en situation de fragilité face à des 2e année qui ont un pouvoir psychologique et de pression (…) Notre fils est passé à deux doigts de la mort. C’est intolérable de pousser à l’alcoolisation extrême. Le bizutage est une pratique inacceptable, ça doit s’arrêter ! .

Problème, même si dans la loi Royal de 1998 on lit que le fait pour une personne d’amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations ou de réunions liées aux milieux scolaire et socio-éducatif est puni de 6 mois d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende, texte qui a été prolongé par une circulaire de 99 stipulant que dorénavant, tombe sous le coup de la loi pénale, tout acte portant atteinte à la dignité de la personne, ici les blessures les plus graves semblent provenir d’une chute étant survenue après le bizu. En effet, comme le précise le Parquet de Lille Il n’y a aucun témoignage ou élément matériel qui montre qu’il ait voulu sortir par la fenêtre et encore moins qu’il ait été poussé ou précipité dans le vide. Il n’y aucun élément qui permette d’accréditer cette thèse de l’intervention d’un tiers.

La loi du silence semble avoir prévalu

Il n’empêche que les étudiants présents ayant trouvé leur camarade gravement blessé ont préféré la stratégie de l’écran de fumée, puisqu’ils auraient présenté l’état du jeune homme aux ambulanciers qui viennent le secourir comme la suite d’une simple chute dans les escaliers de l’immeuble, compliquant grandement leur travail. Plus grave, des mails auraient circulé en interne pour demander aux bizu et généralement aux témoins de la soirée de minimiser l’affaire, de remettre en causes les faits « officiels » relatés dans la presse… Plutôt sordide, ce que des élèves de Grandes Ecoles sont capables de mettre en oeuvre pour préserver la réputation-maison. Et une prise de décision assez dommage, quand on sait que les suites judiciaires de cette histoire ne sont pas prêtes de connaître leurs conclusions.

La direction de l’EDHEC Lille a affiché un discours de la plus grande fermeté à l’égard des activités de ses assos. Via communiqué elle a décidé que Le soutien apporté aux associations est suspendu dans l’attente d’un point précis sur les pratiques de recrutement et les actions menées pour limiter la consommation d’alcool. De plus, Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche qui devait chapeauter la Course Croisière, événement annuel très attendu de l’association organisatrice de la soirée, a pris la décision de retirer son parrainage pour son édition 2014.

Mcetv.fr, le 07/11/13 

 

152. Nangis Seine-et-Marne : un jeune homme de 18 ans séquestré à Nangis puis forcé à voler pour un "rite initiatique"  

Deux hommes ont été interpellés mercredi 19 février dans le quartier de la mare au Curé à Nangis. Ils seront présentés en comparution immédiate, ce vendredi, au tribunal de Melun.

Deux hommes ont été interpellés ce mercredi 19 février dans le quartier de la Mare au curé à Nangis

Les mis en cause ont mis en avant un rituel initiatique pour intégrer leur bande… Quelque  60 gendarmes sont intervenus, mercredi 19 février, dans le quartier de la Mare au curé à Nangis, pour interpeller deux hommes de 24 et 25 ans. Considérés comme des “caïds locaux” par une source proche de l’enquête ils sont mis en cause sur de nombreux faits présumés.

Séquestré, frappé et aspergé d’un liquide inflammable

L’affaire remonte au 12 février. Un jeune Nangissien de 18 ans retrouve ces deux hommes qu’il a rencontré depuis peu. Les individus lui demandent de l’argent pour acheter des stupéfiants mais le jeune refuse. Il est alors séquestré dans un appartement du quartier. Les deux hommes l’auraient alors ligoté avec une rallonge électrique, menacé avec une scie et un marteau puis roué de coups. Pis, ils auraient finalement aspergé le jeune d’un liquide inflammable avant de mettre le feu à son pantalon.

Mais le calvaire du jeune – qui s’en sort avec 3 jours d’ITT mais un gros choc psychologique – ne s’arrête pas là. Les deux individus auraient également fait sniffer une poudre blanche présentée comme de la cocaïne puis ordonné à la victime d’aller voler le tiroir-caisse d’une supérette. Les bandes de vidéo-surveillance confirment que le jeune s’est présenté trois fois devant le commerce avant de renoncer. Il n’a pas rejoint ses bourreaux présumés et est aller porter plainte.

Comparution immédiate

Une semaine après les faits présumés, les deux individus ont été interpellés en douceur – l’un d’eux était déjà connu pour des faits de violences – mais avec un dispositif conséquent, composé notamment d’un peloton d’intervention de la gendarmerie et d’une équipe cynophile. D’après une source proche de l’enquête, les deux hommes auraient, pendant leur garde à vue, expliqué leurs geste par “un rite initiatique pour que le jeune rentre dans leur bande.“

Lors de la perquisition à leurs domiciles, des éléments à charge ont été retrouvés par les enquêteurs de la gendarmerie. A l’issue de leurs gardes à vue prolongées ils ont été déférés devant le parquet de Melun. Ils seront présentés ce vendredi 21 février en comparution immédiate, devant le tribunal correctionnel de Melun.

La Répunlique77.fr, le 23/02/14

 

 

151. Metz (suite). Un pompier condamné pour bizutage : 500 euros d'amendes fermes pour neuf mois d'humiliations sur mineur et des agressions sexuelles !

Un sapeur-pompier de 24 ans a été condamné mercredi à Metz à 500 euros de dommages et intérêts, et 500 euros d'amende avec sursis, pour avoir agressé sexuellement un collègue dans le cadre d'un bizutage.

Cinq autres prévenus dans cette affaire, tous sapeurs-pompiers de la même caserne à Montois-la-Montagne (Moselle), accusés de violences physiques à l'encontre du plaignant, ont été relaxés par le tribunal correctionnel.

Le mois dernier le parquet avait requis trois mois de prison avec sursis pour le premier prévenu, pour agression sexuelle, et une dispense de peine pour les autres.

Un sapeur-pompier volontaire aujourd'hui âgé de 17 ans avait porté plainte l'été dernier pour des agressions physiques, psychiques et sexuelles perpétrées par ses collègues durant neuf mois.

Il avait confié avoir été régulièrement "attaché, bombardé d'eau, barbouillé de cirage et déshabillé" par ses collègues, et subi à une occasion une "bifle", c'est-à-dire avoir été giflé avec un pénis, avait expliqué en janvier son avocate, Me Marie-Cécile Felici.

Elle avait déploré "un esprit de corps absolument incroyable" au sein de la caserne, la hiérarchie ayant décidé de soutenir les prévenus et de voir dans le plaignant un "affabulateur".
Selon les avocats de ces derniers, il ne s'agissait que de "petits jeux entre adolescents, pas forcément intelligents" mais sans violence.

Le Figaro, le 19/02/14

 

150. Bizutage USA : Une douzaine d'étudiants américains arrêtés

Ils sont une douzaine d'étudiants américains à avoir été arrêtés à la suite d'un bizutage violent dans une fraternité étudiante. Leur avocat nie farouchement les faits.

Alors qu'en France, les victimes de bizutage osent rarement porter plainte, aux Etats-Unis, les présumés coupables sont arrêtés par pelletées entières. Ainsi, douze étudiants de l'université de Georgie ont été arrêtés à la suite d'un violent bizutage lors d'un rite d'initiation d'une fraternité étudiante, le 27 janvier dernier. Des étudiants auraient été battus, ce qui a entraîné l'arrestation des coupables, selon le Huffington Post. Mais leur avocat nie farouchement les faits. Non, ses clients n'ont pas été brutaux envers les bizuts. Chacun d'entre eux risque en tout cas 12 mois de prison et 5000 dollars d'amende. La fraternité étudiante concernée a elle été suspendue le temps de l'enquête.

La question du jour 

Meltycampus, le 11/02014

 

149. Bilan sur le bizutage en Europe

Et si le Portugal rejoignait la France? Après la mort de six étudiants à la suite d'un rite d’initiation, les syndicats étudiants et le Bloc de gauche tentent de faire adopter une loi anti-bizutage. En Europe, l'Hexagone mis à part, les bizutages sont souvent tolérés.  

Un électrochoc. Il aura fallu la mort de six étudiants, sur la plage de Meco, au Portugal, pour relancer le débat sur l'interdiction du bizutage dans le pays. Les jeunes, âgés de 21 à 24 ans, avaient loué une maison au bord de la mer afin de se livrer à divers rites initiatiques. Sur les sept participants, un seul a survécu à la noyade. Il reste aujourd'hui muré dans le silence.

Le Bloc de gauche (BE) et les syndicat étudiants portugais se sont saisis de l'affaire. Un texte de loi a été présenté au Parlement par le BE. Le parti réclame une enquête nationale sur le bizutage dont les résultats seraient rendus publics. Les syndicats d'étuduiants, eux, demandent la création dans les universités d'un bureau d'intégration des nouveaux étudiants pour contrer l'étape du bizutage.

Le secrétaire d'Etat à l'enseignement pourrait mettre en place prochainement un code de conduite de l'étudiant précisant les droits et devoirs de tous les élèves des différents établissements scolaires au Portugal. Le document ferait également mention des peines encourues par ceux qui enfreindraient les règles.

En 2011, le BE avait déjà déposé une proposition de loi pour interdire la tenue des bizutages. Elle avait été rejetée en masse par la majorité de droite à l'Assemblée.

Au Royaume-Uni, les universités font leur loi

Les syndicats étudiants britanniques, notamment le NSU (National Union of Students), militent également pour une interdiction généralisée des "cérémonies d'initiation". Mais faute d'un cadre légal national, ce sont les universités qui font leur loi au pays de sa Majesté. Le plus souvent en fonction des drames passés. Ce fut le cas de l'Université de Reading, qui depuis 2008, suite à un dérapage, s'est dotée d'un encadrement réglementaire extrême afin de limiter ces pratiques.

Même chose pour l'université d'Exter. Un étudiant avait trouvé la mort en 2008 au cours d'une cérémonie d’initiation organisée par son club de golf. Le garçon, après l'absorption d'une trop grande quantité d'alcool, était mort d'une intoxication alcoolique en suffocant dans son propre vomi.

La faculté de Gloucester par exemple, avait été sous le coup d'une enquête, toujours en 2008, après la diffusion de photos et vidéos sur le net. On y voyait des étudiants forcés à boire du vomi ou obligés de conserver sur la tête des sacs plastiques. 

En France on légifère tant bien que mal

Il faut attendre 1988 pour que la France s'attaque de plein front au bizutage. Ségolène Royal, alors ministre de l'Education nationale, fait de cette tradition un délit "puni de six mois emprisonnement et de 7500 euros d'amende, et ce, que la victime soit consentante ou non." Un numéro vert est mis à disposition des victimes. Tous les ans, près d'une dizaine de plaintes donne lieu à des condamnations. Mais la tradition à la dent dure dans certains établissements.
 
A Paris, un bizutage de l'école HEC - Crédit: Durand Florence / Sipa.

Les débordements sont encore légions dans les grandes écoles et autres facs de médecine. En septembre 2012, le site d’information en ligne, rue89, est alerté par une lettre du contenu des soirées organisées par la prestigieuse école normale supérieure (ENS). On y lit que le BDE ( bureau des étudiants chargés d'organiser toutes les soirées) y est tout puissant:

Soutenus par la reconnaissance sociale d’appartenir à une 'grande école', par la puissance économique de leurs partenariats, leur hégémonie sur l’école, et le soutien de l’administration, ils défendent ouvertement le fait que les lieux qu’ils tiennent sont des lieux de non droit (…) Leur illusion de puissance est tellement forte que le simple rappel de la loi n’est jamais un motif reconnu comme valable, valide. Ils ne s’en inquiètent que médiocrement, et de fait, la seule instance à laquelle ils doivent rendre des comptes, est l’administration."

Les week-ends d'intégration sont aujourd'hui encore des lieux de débauche dont certains élèves sont victimes:

Il (le week-end d'intégration, ndlr) est synonyme de déferlements de violences en tout genre pour s’unir derrière un même rejet de tout ce qui ne s’apparente pas au groupe, mais aussi de moments d’humiliation, qui apprennent dès le départ à respecter la hiérarchie. (…) Il s’agit officiellement d’apprendre à se connaître, de repousser ses limites dans une illusion de toute puissance jamais démentie. Pour cela, l’alcool coule à flots, sans qu’aucune campagne de prévention sur les risques qu’il génère ne soit jamais déployée, sous peine de 'casser l’ambiance'. (…) L’injonction à boire, à faire la fête, à rentrer dans le jeu sexuel est permanente. Les personnes qui s’y opposent sont de fait exclues du groupe."

Le dispositif légal offre tout de même ses petites victoires. En 2012, par exemple, le très controversé BDE de Université Paris-Dauphine, JAPAD, a pu être dissous après une plainte déposée par un étudiant. Un "camarade" de soirée avait eu la bonne idée de lui graver le nom du BDE avec une capsule de bouteille dans le dos.

La Belgique plus laxiste

Forte de ce cadre législatif, Ségolène Royal s'est récemment permis de rappeler à l'ordre la Belgique. En octobre dernier, Fanny, une jeune française, a fait un oedème cérébral après un "baptême" (nom belge pour le bizutage). L'étudiante à la faculté vétérinaire de l'Université de Liège avait dû boire plusieurs litres d'eau afin de valider son baptême. La quantité était telle qu'elle est rapidement tombée dans le coma.

Emue par cette histoire, Ségolène Royal avait appelé Elio Di Rupo, le Premier ministre belge, à interdire les baptêmes dans l'ensemble du pays. Ce dernier lui avait froidement répondu, par presse interposée, que participer à ce genre de cérémonie relevait avant tout d'un choix personnel de l'étudiant. Le recteur de l'Université de Liège était également entré dans le débat en déclarant qu':

Il n’est nullement souhaitable de légiférer. Il y a suffisamment de lois en Belgique pour réprimer de tels comportements erratiques. Interdire les baptêmes ne résoudrait rien et porterait atteinte à un folklore généralement bon enfant. D’autres mesures, moins répressives et plus éducatives sont susceptibles de réduire ces débordements incontrôlés à l’avenir et on y travaille."

Le procureur général de Liège a indiqué qu'il y aurait "vraisemblablement des inculpations" dans ce cas précis. Les organisateurs pourraient être inculpés pour "traitement dégradant et inhumain" et "coups et blessures, volontaires ou non."

Binge drinking espagnol

Comme en France, les bizutages sont culturellement très courus par les étudiants espagnols. Parmi les nombreuses variantes de "novatadas", le nom de ces rituels d'intronisation des nouveaux élèves, la plus observée est aussi la plus basiques: forcer la jeune recrue à absorber de l'alcool jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus, le plus souvent entonnoir à l'appui.

L'association No màs novatatadas compile sur son site web d'autres exemples de bizutages pratiqués dans les facs espagnoles: les petits nouveaux, mains tendues, forcés de jouer les cendriers humains pour les anciens, qui vont jusqu'à leur mettre les cendres brulantes dans la bouche; passer une nuit entière sous le lit d'un ancien; avaler de la nourriture pour chien, de la terre, des pièces de monnaie; prendre une douche froide nu ou habillé, etc.

Cette association réclame que le bizutage soit inscrit, comme c'est le cas en France, dans le code pénal en tant que délit.

Simple exemple parmi d'autres, lors de la dernière rentrée, la chaîne de télé Antena 3 recueillait dans un institut supérieur madrilène les témoignages d'étudiants de première année, terrés dans leur chambre jusqu'à la fin du mois de rentrée, pour échapper aux "novatadas", pourtant interdites dans l'établissement.

 

La rentrée précédente, en septembre 2012, une étudiante de 24 ans était morte à Madrid, se jetant d'un pont donnant sur une voie rapide, après avoir subi une journée entière de bizutage de la part de ses camarades de l'Institut San Agustín.

En septembre 2013, 125 des 160 colegios mayores espagnols, sortes de grandes écoles post-bac, se sont formellement engagés à combattre le bizutage. Invoquant les "graves séquelles psychologiques" et l'atteinte aux libertés que génère cette pratique, ces établissements ont publié un texte, déjà signé par de grandes universités publiques espagnoles telles que la Complutense et la Pontificia à Madrid, ou les facs de Valence, Saragosse et San Pablo.

Reste que la majorité des universités espagnoles interdisent depuis longtemps les bizutages, sans pour autant parvenir à les empêcher. Et lors d'un accident, la loi du silence prime la plupart du temps.

Ludovic Clerima (Paris)  

Benjamin Leclercq (Paris)  

Myeuropinfo, le 03/02/14

 

 


148. Bizutage: le Portugal secoué par les révélations sur la noyade de six étudiants

Six jeunes âgés de 21 à 24 ans ont péri noyé sur une plage au sud de Lisbonne en décembre. Les étudiants ont loué une maison en bord de mer afin de se soumettre à divers rites de passage. Le drame relance le débat sur le bizutage. 

 Les circonstances de la mort à la mi-décembre de six étudiants portugais, emportés par la mer sur une plage en pleine nuit, restent entourées de mystère mais l'hypothèse d'un bizutage universitaire ayant mal tourné suscite un vif débat.

afp.com/Francisco Leong

Le drame de la plage de Meco, un petit village situé à une quarantaine de kilomètres au sud de Lisbonne émeut tout le Portugal. Les circonstances de la mort à la mi-décembre de six étudiants, emportés par la mer en pleine nuit, restent entourées de mystère mais l'hypothèse d'un bizutage universitaire ayant mal tourné suscite un vif débat. 

Cette affaire n'était au départ qu'un fait-divers tragique sur la disparition d'un groupe de jeunes étudiants surpris par la houle alors qu'ils se trouvaient sur une plage déserte un samedi soir de décembre. Un premier cadavre a été découvert dès le lendemain. Le dernier ne serait signalé qu'au bout de douze jours de recherches angoissantes pour les proches des victimes.  

Des rites de passage organisés par le seul rescapé

Quatre femmes et deux hommes âgés de 21 à 24 ans ont péri. Le silence gardé jusqu'à ce jour par le seul survivant, un étudiant de 23 ans, a toutefois soulevé de nombreuses interrogations sur les circonstances de ce drame. Au fil des informations révélées par les médias, il semblerait que les étudiants ont loué une maison en bord de mer afin de se soumettre à divers rites de passage organisés par le seul rescapé, qui était le supérieur hiérarchique au sein de leur association.  

Après l'appel lancé la semaine dernière par les familles endeuillées, le jeune homme, qui avait donné l'alerte le soir du drame avant d'être lui-même hospitalisé, serait prêt à témoigner devant la justice, qui a fini par ouvrir une enquête afin d'élucider cette affaire. 

"Il faut interdire les bizutages universitaires"

"La disparition de ces jeunes avalés par la houle (...) nous oblige à réfléchir. Il faut interdire les bizutages universitaires", tranche l'ancien président Mario Soares dans une tribune parue mardi. 

Témoignant de l'importance prise par cette affaire dans le débat public, divers éditoriaux consacrés à cette tragédie dénoncent les excès d'une pratique tolérée dans la plupart des universités au Portugal. 

La réaction au drame du secrétaire d'Etat à la Jeunesse Emidio Guerreiro, ancien président de l'association des étudiants de Coimbra, ville universitaire où les bizutages sont les plus ancrés dans la tradition, a aussitôt suscité une polémique. Il a été accusé de chercher à dédouaner un rite de passage jugé obsolète et humiliant. Ce "n'est pas du bizutage universitaire" mais "une affaire de police", avait-il déclaré lundi.  

"L'idée que les bizutages ne seraient pas violents est fantaisiste", critiquait mardi le quotidien Publico, affirmant que "des incidents graves et mortels ont eu lieu au long de l'histoire dans toute l'Europe". 

"L'humiliation d'un homme est un acte violent", clamait également un éditorialiste du Diario de Noticias, accusant les responsables politiques de rester "indifférents face à un crime annoncé et répété tous les ans". 

Une pratique devenue courante avec l'apparition de nombreuses universités privées

A chaque rentrée universitaire, les jardins publics de Lisbonne ou de Porto (nord) deviennent le décor de scènes d'humiliation que subissent les nouveaux étudiants aux ordres de leurs aînés, vêtus de leur traditionnelle cape noire. 

Longtemps limités aux facultés de Coimbra, les bizutages sont devenus pratique courante à travers le Portugal à partir des années 1990, avec notamment l'apparition de nombreuses universités privées. "Dans des institutions ayant moins d'histoire et de tradition, on a assisté à une tentative de compenser cela en donnant plus d'importance à cette ritualisation", explique le sociologue Elisio Estanque

Alors que plusieurs associations d'étudiants sont montées au créneau contre une éventuelle interdiction des bizutages, le ministre de l'Education Nuno Crato recevra jeudi leurs représentants afin d'aborder ce sujet. 

L’express, le 28/01/14

 

147. Belgique : Un élève de 18 ans victime de bizutage à l'Athénée Royal de Herstal: il a été frappé et brûlé par une bande

C’était une bande de quatre copains qui « avaient la cote » à l’athénée royal d’Herstal, et Nathan (prénom d’emprunt), 18 ans, aurait aimé les rejoindre. Mais les quatre adolescents ont décidé de le bizuter… Le bizutage a fortement dérapé, et Nathan était en coma éthylique, portant des traces de coups, quand ses parents l’ont retrouvé. Le tribunal correctionnel vient d’examiner ce dossier.

Le jeune homme a notamment été brûlé au visage.

Nathan trouvait sympa la bande des quatre copains dont Michaël, François et Eldo, tous les trois âgés de 18 ans à l’époque, faisaient partie. Il les a approchés, a commencé à les fréquenter, mais ceux-ci ont eu une idée pour « s’amuser » : le bizuter, comme s’il s’agissait d’un « examen d’entrée ».

Les faits pour lesquels Michaël, François et Eldo comparaissent pour coups et blessures et pour traitements inhumains et dégradants datent du 30 mai 2008. Ce soir-là, il était aux environs de 21h30 quand la bande était arrivée chez Nathan, soi-disant pour discuter et jouer. La maman n’avait pas été voir ce qu’ils faisaient, puisqu’ils étaient assez grands, pensait-elle sans doute, que pour ne pas avoir besoin d’une surveillance parentale. «  Mais à un moment, elle a entendu beaucoup de bruit et s’est demandée ce qui se passait  », poursuit le conseil des parties civiles. «  Elle est montée, et c’était l’horreur  ».

Le jeune homme avait bu (ou on l’avait fait boire) trop de vodka, et était tombé en coma éthylique. Il portait des traces de coups, ainsi que des brûlures qui lui recouvraient notamment une joue (sans doute la conséquence d’un contact entre sa peau et une couverture en feu). «  Il a été emmené aux urgences, pendant que les quatre autres ont dégagé comme des lapins  », regrette Me Sauvage.

La Gazette.Be,  le 24/01/14

 

 

146. Metz: clémence requise pour les six pompiers jugés pour bizutage

Le parquet de Metz a demandé mercredi soir la clémence pour les six pompiers qui comparaissaient devant le tribunal correctionnel pour des faits de violence physique, psychique et d'agression sexuelle contre un collègue âgé de 17 ans qui a porté plainte.

Trois ans de prison avec sursis, avec non-inscription au casier judiciaire ont été requis pour l'un des prévenus accusé d'agression sexuelle, de même que la relaxe pour le deuxième prévenu, accusé lui-aussi d'agression sexuelle.

Pour l'ensemble des six prévenus accusés de violences physiques, le parquet a proposé une dispense de peine ainsi que la non-inscription au casier judiciaire.

Le jugement a été mis en délibéré au 19 février.

"Le ministère public a fait volte-face. Il a été à mon avis très mal à l'aise par rapport à la tournure des débats", a estimé Me Thomas Kremser, l'avocat de trois des prévenus, qui contestent les qualifications de violence et d'agression sexuelle.

"On a réussi à mettre en lumière qu'en réalité la victime a participé comme les autres à l'ensemble du rituel de bizutage", s'est félicité l'avocat.

L'audience se tenait à huis-clos, à la demande de la partie civile.

Les faits s'étaient déroulés entre le 1er septembre 2012 et le 1er juin 2013 dans la caserne de pompiers de Montois-la-Montagne (Moselle). Selon Me Marie-Cécile Felici, l'avocate de la victime, son client a été régulièrement "attaché, bombardé d'eau, barbouillé de cirage et déshabillé" par six de ses collègues,âgés de 19 à 27 ans, qui lui ont aussi fait subir une "bifle", autrement dit des gifles avec leurs pénis.

Le jeune souffre-douleur "avait de l'admiration pour ses collègues plus aguerris, qu'il mettait sur un piédestal. Il était prêt à accepter un certain nombre de choses pour être intégré dans une équipe, correspondre à un idéal masculin, viril", a raconté Me Felici.

C'est en changeant de caserne que le sapeur-pompier volontaire s'est rendu compte que les traitements qu'il avait subis n'étaient pas du tout la norme, selon l'avocate. Il a alors révélé à sa famille ses mois de souffrance et a porté plainte, obtenant 15 jours d'incapacité totale de travail (ITT) pour traumatisme psychologique.

Me Felici a également dénoncé "un esprit de corps absolument incroyable" au sein de la caserne, la hiérarchie ayant décidé de soutenir les prévenus.

Pour tous "c'est le vilain petit canard qui ne s'est pas intégré et qui dit n'importe quoi, qui a des gros problèmes dans sa tête. Mais on n'essaie absolument pas de savoir ce qui s'est passé et comment on en est arrivé là", a-t-elle dit.

"Tous les membres de la caserne savaient ce qui se passait", a au contraire estimé Me Thomas Kremser. Il s'agissait de "petits jeux entre adolescents pas forcément intelligents, mais jamais de violence", selon l'avocat.

La défense s'est appuyée sur un rapport d'expertise psychiatrique du plaignant le décrivant comme quelqu'un "ayant tendance à l'affabulation ou à la manipulation", a également dit Me Kremser.

Metz-ville, le 15/01/13

 

145. Metz: 6 pompiers à la barre pour bizutage

Six sapeurs-pompiers de 19 à 27 ans ont comparu devant le tribunal correctionnel de Metz aujjourd'hui, pour des faits de violence physique, psychique  et d'agression sexuelle contre un collègue âgé de 17 ans qui a porté plainte.
L'audience se tenait à huis-clos, à la demande de la partie civile. Les faits se sont déroulés entre le 1er septembre 2012 et le 1er juin 2013 dans la caserne de pompiers de Montois-la-Montagne (Moselle). Selon Me Marie-Cécile Felici, l'avocate de la victime, son client a été régulièrement "attaché, bombardé d'eau, barbouillé de cirage et déshabillé" par ses collègues, qui lui ont aussi fait subir une "bifle", autrement dit des gifles avec leurs pénis.
Le jeune souffre-douleur "avait de l'admiration pour ses collègues plus aguerris, qu'il mettait sur un piédestal. Il était prêt à accepter  un certain nombre de choses pour être intégré dans une équipe, correspondre à un idéal masculin, viril", raconté Me Felici. C'est en changeant de caserne que le sapeur-pompier volontaire s'est rendu compte que les traitements qu'il avait subis n'étaient pas du tout la norme, selon l'avocate. Il a alors révélé à sa famille ses mois de souffrance et a porté plainte, obtenant 15 jours d'incapacité totale de travail (ITT) pour traumatisme psychologique.
Me Felici a également dénoncé "un esprit de corps absolument incroyable" au sein de la caserne, la hiérarchie ayant décidé de soutenir les prévenus. Pour tous "c'est le vilain petit canard qui ne s'est pas intégré et qui dit n'importe quoi, qui a des gros problèmes dans sa tête. Mais on n'essaie absolument pas de savoir ce qui s'est passé et comment on en est arrivé là", a-t-elle dit. "Tous les membres de la caserne savaient ce qui se passait", a au contraire estimé Me Thomas Kremser, l'avocat de trois des prévenus, qui contestent les qualifications de violence et d'agression sexuelle.
Il s'agissait de "petits jeux entre adolescents pas forcément intelligents, mais jamais de violence", et d'ailleurs le plaignant s'amusait et participait lui aussi au bizutage d'autres collègues, selon l'avocat.

Figaro, le 15/01/14